Cet article s'adresse plus particulièrement aux parents de Cnediens. J'ai en effet réalisé que le premier blog Cnedland visait essentiellement les Cnediens niveau lycée (logique puisque c'est ce que tous ses créateurs étaient à ce moment), à la limite niveau collège, alors que les réalités du Cned sont bien plus multiples.

Dans cet article, je vais donc essayer de traiter, dans un premier temps ce que les parents de Cnediens de tous niveaux devraient savoir, puis dans un second temps, le dilemme des parents qui hésitent à placer leur enfant au Cned.

N'ayant jamais vécu la "Cneditude" qu'en tant qu'élève, je ne peux vous donner que des informations et conseils somme toute assez théoriques, inspirés du comportement de mes parents et des parents d'autres Cnediens de ma connaissance, ainsi que du ressenti de ces Cnediens par rapport à leurs parents. Je me garde bien de donner des leçons, et le tout est plus à prendre comme une Boîte à Idées que comme la panacée...


Et pour commencer, voici le résultat d'un petit sondage sur la réaction des parents de jeunes qui souhaitent s'inscrire au Cned (sur un panel de 45 votants, chacun pouvant choisir plusieurs réponses):

Cnedland Réaction des parents 2012 

Pour répondre à nos sondages, c'est ici.
Pour en voir les résultats, c'est ici.


Informations pour les parents de Cnediens

Votre enfant suit ou va suivre les cours du Cned? Sachez bien que ce ne sera pas forcément de tout repos pour vous. Tout d'abord, vous risquez des sueurs froides quand au travail fourni et aux résultats obtenus ; et puis l'administration ne vous facilitera pas toujours les choses. Mais ne vous inquiétez pas, des tas de parents survivent très bien à quelques années de Cned (les miens ont même rempilé avec mon petit-frère après que j'aie obtenu le bac ;p). Voici simplement quelques informations qui pourraient vous simplifier la vie, ou au moins vous aider à vous préparer.

  • Les établissements scolaires font souvent ce que j'appelle de la rétention d'exeat.

L'exeat est un document que le Cned demande pour l'inscription, aussi appelé certificat de radiation, et qui est nécessaire pour tout changement d'établissement (déménagements, etc.). Il dit simplement que tel élève a été scolarisé dans tel établissement, et le quitte. C'est un document purement administratif, qui vise à éviter qu'un élève soit scolarisé dans deux établissements à la fois, et éventuellement utilisé pour contrôler que les frais sont payés (cantine par exemple) et le matériel rendu (manuels...).

Seulement, de nombreux établissements marquent leur désapprobation du choix de cours par correspondance, en refusant ou en retardant sa remise. Il est tristement courant de devoir harceler l'établissement pendant plusieurs mois.

Or l'inscription au Cned ne peut être finalisée sans ce document. Certains le demandent à leur établissement au mois de mai de l'année scolaire en cours, souhaitant s'inscrire au Cned pour le mois de septembre, et n'arrivent à l'arracher à une administration grognon qu'en octobre ou en novembre, ce qui retarde d'autant la réception des cours. Attention notamment aux dates de fermeture de l'établissement pour l'été (en général fin juin ou début juillet), si vous n'avez pas l'exeat à ce moment-là, vous ne l'aurez que fin août ou début septembre... et vous recevrez probablement les cours en retard.

Mes conseils pour accélérer le tout sont donc:

1. Prenez de l'avance et demandez l'exeat dès que vous décidez de l'inscription au Cned. Même si vous le demandez oralement, envoyez également une lettre / un fax / un e-mail pour laisser une trace. Attention, si vous souhaitez que l'inscription au Cned reste relativement discrète, exigez la confidentialité (les rumeurs circulent très vite et cela peut donner lieu à un quasi harcèlement de l'élève par les professeurs et l'administration dans certains cas).

2. Si l'on vous fait lanterner, réitérez votre demande par lettre recommandée, en rappelant au chef d'établissement que le Cned est un organisme public, que la scolarité est obligatoire mais qu'il est de votre droit de choisir où votre enfant est scolarisé (vous pouvez citer l’article L131-2 du Code de l’éducation, « L'instruction obligatoire peut être donnée soit dans les établissements ou écoles publics ou privés [ce qui inclut le Cned], soit dans les familles par les parents, ou l'un d'entre eux, ou toute personne de leur choix. »). Menacez d'en référer à l'Inspection d'Académie et au Défenseur des Droits.

3. Et si l'on fait toujours la sourde oreille, contactez l'Inspecteur d'Académie ainsi que le Défenseur des Droits en insistant sur l'importance de compléter l'inscription à temps pour que votre enfant ne soit pas être pénalisé dans la suite de sa scolarité. Le Défenseur des Droits est en général très efficace, il intervient directement auprès des services publics, et en général le résultat ne se fait pas attendre.

  • Les cours arrivent en général entre fin août et fin septembre, mais ont parfois du retard.

Cela dit, si l'inscription est finalisée, votre enfant doit avoir accès au Campus électronique (qui existe pour le collège et le lycée, je ne sais pas s'il y a un équivalent en primaire) grâce à un identifiant et un mot de passe que le Cned vous envoie par lettre. Les cours y sont en général téléchargeables dès début septembre, ce qui permet de commencer l'année sans retard en attendant les cours papier.

Si l'inscription n'est pas finalisée (problèmes administratifs etc), vous avez tout de même accès à l'Académie en Ligne, contenant tous les cours du Cned du CP à la Terminale, dans la plupart des matières, en accès gratuit. Ne sont inclus ni les solutions des exercices, ni les énoncés des devoirs, mais là encore, cela permet au moins de se mettre au travail.

  • Comment savoir si mon enfant travaille?

C'est une question difficile, et l'équilibre entre confiance et surveillance est délicat - l'on peut prendre beaucoup de retard si l'on n'est pas remis dans les rails, mais aussi se persuader qu'on n'y arrivera pas si l'on a l'impression que c'est ce que les parents pensent... Le plus important est de répéter régulièrement que l'on est là en cas de besoin - pour aider ou conseiller, selon votre niveau dans les matières étudiées, et vos disponibilités, ou encore proposer si nécessaire une ou deux heures hebdomadaires avec un professeur particulier.

Une tendance courante chez les Cnediens est en effet de ne pas oser demander de l'aide ou avouer ses difficultés, de peur de décevoir, de trahir la confiance des parents qui ont accepté l'inscription au Cned. Mes parents sont loin d'être des dragons et ont été très disponibles, pourtant j'en suis moi aussi passée par là pendant mon premier trimestre au Cned.

Une chose dont il faut absolument parler avant de commencer l'année, ou très rapidement: l'emploi du temps, et l'envoi des devoirs. A vous de décider si vous voulez fixer vos propres conditions ou laisser votre enfant s'organiser, ou y réfléchir avec lui ; mais il faut que les choses soient claires. Par exemple, "travail de 9h à 12h puis de 14h à 17h, tous les jours sauf le week-end", et "le devoir 1 de toutes les matières avant la mi-octobre". Si vous doutez qu'ils les respecte, je vous conseille d'écrire ces conditions dans une sorte de contrat, que vous signerez - pour museler la mauvaise foi de votre enfant et éviter de vous faire traiter de dictateurs lorsqu'il faudra redresser la barre...

Pour résumer, vous devez fixer des conditions claires à l'inscription au Cned, dès le début, et si nécessaire les rappeler ; mais à partir du début de l'année scolaire, il faut également rassurer votre Cnedien, s'intéresser à sa scolarité, pas en inquisiteur (malgré l'inquiétude légitime que vous pouvez ressentir) mais plutôt de façon amicale: comment sont organisés les cours? est-ce que ce n'est pas trop dur sans professeur? arrive-t-il à faire les exercices? Bref, tendre des perches.

Mais ne soyons pas non plus naïfs: la tendance naturelle chez l'être humain, s'il n'est pas physiquement contraint au travail, est de gambader dans les champs. Cette tendance est plus ou moins bien gérée selon les individus - à vous de voir, selon le caractère de votre enfant et son comportement scolaire habituel. Mais elle est là, et il faut en être conscient - d'autant plus que l'enfant est jeune. Je dirais qu'avant 15 ou 16 ans, on peut difficilement laisser l'enfant travailler sans contrôle (et il n'y a aucune honte à maintenir un contrôle jusqu'au bac si cela vous semble nécessaire).

Qu'entends-je par contrôle? Cela dépend de vous et de votre enfant. On peut envisager un point quotidien ou hebdomadaire, où votre Cnedien vous montre les exercices qu'il a faits (éventuellement, si vous avez le temps, c'est à ce moment qu'on les corrige, avec les fascicules de corrigés que vous gardez sous le coude) et/ou où vous l'interrogez sur les leçons. Ou encore, si vous en avez la possibilité, vous pouvez travailler avec lui une heure, plusieurs heures, ou même tout le temps (voir 2nde partie de cet article).

Ensuite, eh bien le reste dépend de vos méthodes d'éducation. Certains préféreront laisser carte blanche à l'enfant jusqu'à recevoir les résultats du premier devoir, et juger sur pièce (en soi pas une mauvaise idée, sachez seulement que les délais de correction sont assez longs et que vous risquez donc de réagir un peu tard) ; d'autres, serrer la vis dès le départ, etc. A vous de voir.

  • Comment aider mon enfant?

A part lui montrer sa confiance et le motiver quand il en a besoin, que pouvez-vous faire?

S'intéresser à ses cours est très important. Ne faites pas de complexe, quelque soit votre niveau dans les matières qu'il étudie: pas besoin de tout maîtriser pour en parler avec lui, il sera sans doute fier de pouvoir vous apprendre des choses. Il ne s'agit pas de discuter de maths à table si cette matière vous sort par les yeux ; mais il y a sans doute dans son programme des choses qui peuvent vous intéresser. Prendre l'habitude de lui demander ce qu'il a appris aujourd'hui, et d'en discuter avec lui, n'a que des avantages: c'est une bonne façon de voir comment il progresse, et cela vous donne l'occasion de lui montrer les applications de ce qu'il apprend dans la vie réelle (par exemple, faire le lien entre son cours d'histoire-géo et l'actualité internationale, entre son cours de physique-chimie et les dernières découvertes scientifiques, etc).

Vous pouvez aussi lui proposer de l'aider à faire ses exercices ou à les comparer aux corrigés du Cned ; de lui faire réciter ses leçons, ou de l'aider à faire des fiches révision.

Et puis vous pouvez tout simplement contacter avec lui ses professeurs tuteurs (à qui l'on peut poser des questions sur les leçons et les exercices, par mail ou par téléphone) et étudier leurs réponses ensemble.

Si vous constatez qu'un sujet l'intéresse particulièrement, tentez de le "brancher" sur des livres, magazines, émissions télévisées, etc, qui approfondiraient ce sujet. Vous pouvez aussi offrir un enrichissement en lui faisant partager vos propres intérêts.

  • Mon Tanguy à la maison tout le temps, ça change quoi?

Tout, serais-je tentée de répondre. Et ce peut être dans le bon... comme dans le mauvais sens.

Tout d'abord, cela veut dire qu'il sera plus souvent "sur le dos" de tous les membres de la famille - peut-être vous, selon son emploi du temps, mais aussi ses frères et soeurs, etc. Les relations peuvent devenir tendues dans un premier temps et il y aura des efforts à faire de tous les côtés, des compromis à trouver. Si frères et soeurs il y a, leur expliquer la situation, d'une façon adaptée à leur âge, est capital car des jalousies pourraient naître. Ils devront aussi respecter l'espace de travail du Cnedien et ne pas l'interrompre (qu'il travaille dans sa chambre, dans la cuisine, le salon, etc, cet espace doit leur être interdit autant que possible pendant ses heures de travail).
Exemple tout simple de conflit: le Cnedien travaille à une table se trouvant dans la même pièce que la télévision. Petite soeur et grand frère rentrent de l'école et du lycée et n'aspirent qu'à s'avachir devant ledit appareil audiovisuel pour faire refroidir un peu leur cerveau fumant avant de s'attaquer à leurs devoirs... Et, à moins que la fratrie ne fasse preuve d'une cohésion étonnante et décide de concert de s'avachir ensemble, ce qui n'est guère mieux... c'est l'engueulade. Des détails quotidiens et bassement matériels de ce type ont le don de catalyser des rancoeurs et non-dits, et il suffit que les parents ne soient pas là à ce moment et que rien n'ait été décidé au préalable pour que la poudrière explose.

Mais cette proximité peut aussi représenter une chance de se rapprocher, de parler plus souvent, de faire des choses ensemble. Par exemple, à partir du moment où j'ai suivi mes cours au Cned, une routine s'est créée: une heure de marche avec ma mère tous les jours après le déjeuner, et un footing avec mon père deux fois par semaine. Même si vous n'avez pas beaucoup de temps, je suis sûre que vous pouvez trouver un trou dans votre planning pour partager l'une de vos passions avec votre Cnedien.

Et le monde extérieur, alors? Car pendant que Tanguy est à la maison, il n'est pas au bahut (c'est un peu le principe des cours par correspondance, me direz-vous), et de ce fait il ne voit pas ses camarades de classe (pour 50 à 95% d'entre eux, ce n'est probablement pas une grande perte), il ne fréquente personne tous les jours à part la sphère familiale. Ce n'est pas forcément un drame, mais il est important de le pousser (voire le forcer, s'il le faut...) à maintenir des contacts avec le "monde extérieur", la "vraie vie" en dehors du cocon familial: qu'il voie ses amis une fois par mois ou par semaine, mais aussi qu'il sorte dans la rue, et par exemple qu'il participe à une activité extrascolaire de son choix, en groupe (musique, sport, auto-école, bénévolat dans une association, baby-sitting, que sais-je encore...). C'est d'autant plus important que la durée de sa scolarité au Cned sera longue (autant peut-on laisser couler si ce n'est que pour un an, autant la régularité des contacts est capitale si l'on sait d'ores et déjà qu'il sera scolarisé ainsi pendant trois, quatre, cinq ans...).

A condition que ces contacts réguliers soient maintenus, vous n'avez aucun souci à vous faire à propos de sa "réintégration" dans le "monde réel". Ce n'est pas parce qu'on a suivi quelques années de cours par correspondance que l'on devient un inadapté social - je le suis même plutôt moins que quand j'ai commencé le Cned...
Le plus difficile est à mon avis plutôt de réintégrer un enseignement "normal" ou disons "classique", comme beaucoup devront le faire - que ce soit pour retourner au collège ou au lycée, ou pour intégrer, après le bac, une fac ou une école quelconque. Il existe quelques formations post-bac que l'on peut suivre au Cned, mais le choix est limité, et je crois qu'il faut bien se résoudre à quitter l'enseignement par correspondance à un moment ou à un autre, sauf impossibilité réelle de faire autrement. Après être passé par le Cned, rester assis des heures d'affilée dans une salle remplie d'élèves à écouter parler un professeur pas toujours passionnant, peut être traumatisant. J'ai passé ce cap sans trop de difficulté, mais il faut s'armer de patience et de résignation.

Quant à la fameuse question "Mais quittera-t-il un jour le nid familial?", je ne crois pas que le Cned ait une grande influence sur le caractère de chacun. Certains seront ravis de s'envoler, d'autres traîneront la patte ; certains auront besoin d'être rassurés, d'autres d'un coup de pied au derrière - mais ce sera à vous d'agir en fonction!

  • A quoi s'attendre au niveau des notes? A-t-on des recours?

Une idée reçue courante est que les élèves du Cned ont de mauvaises notes, notamment qu'ils échouent au bac. En fait, le Cned prépare très bien au bac ; simplement, il faut compter avec les nombreuses situations particulières chez les Cnediens (maladies, phobies scolaires...) qui font que certains échouent, et certains ne se présentent même pas aux épreuves. Mais je connais surtout beaucoup de Cnediens qui ont eu le bac avec mention!
Et pour les notes pendant l'année scolaire, là encore il faut relativiser: il y a des mauvaises notes, mais pas plus qu'en lycée. Certains profs notent durement, et le niveau du Cned est plutôt supérieur à celui du système scolaire classique - ne serait-ce que parce qu'on aborde TOUT le programme, et que l'on va au fond des choses.

Tout dépend du niveau de départ de votre enfant. S'il a des lacunes, il lui faudra sans doute du temps (et de l'aide) pour assimiler correctement les cours du Cned ; s'il maîtrise bien les acquis des années précédentes, il ne devrait pas y avoir trop de problèmes, même s'il peut y avoir une période d'adaptation. Je dirais que si les toutes premières notes sont supérieures à 12 en primaire, 10 en collège/lycée, il ne faut pas se faire trop de soucis (même si cela ne vous empêche pas de le "booster" un peu, si vous considérez qu'il peut mieux faire).

Un problème malheureusement relativement courant au Cned, c'est le trafic de corrigés-types - ces corrigés de devoirs que l'on reçoit avant la copie corrigée et notée. Certains Cnediens s'échangent ceux qu'ils ont déjà reçus pour s'en "inspirer" en rédigeant leur devoir... Je vous conseille d'ailleurs d'aborder le sujet avec votre enfant à l'avance, pour le prévenir que cela existe, car il risque fort de tomber à un moment ou un autre sur un forum, ou de recevoir un mail, lui demandant/proposant tel ou tel corrigé. Et d'insister sur le fait que cela n'apporte rien à personne et que vous préférez qu'il ait des notes plus basses mais qu'il aura vraiment méritées.

Si un professeur est certain que la copie qu'il corrige est "inspirée" d'un corrigé-type, il mettra 0/20. S'il le suspecte seulement, il mettra probablement NN (non noté), même si en théorie cette mention est réservée aux copies hors-sujet. Si votre enfant reçoit une telle copie, et que vous êtes raisonnablement sûr qu'il n'a pas triché, INTERVENEZ! Contactez le professeur référent (équivalent Cnedien du professeur principal) en lui expliquant le problème et en demandant à ce que la copie soit renotée (en général, c'est que le professeur considère la copie trop bonne pour être de la main de votre enfant). Cela m'est arrivé en philosophie en Terminale, et mon NN s'est transformé en... 16.

  • Et pour le sport?

Le sport n'est pas une matière notée, mais il faut envoyer une fiche au Cned en début d'année, confirmant que l'élève va faire du sport - pour les épreuves du bac, il faut choisir un binôme de disciplines en début d'années (par exemple, tennis de table/3x500m).

L'entraînement est entièrement à votre charge ; les élèves ont accès à des pôles EPS (plus ou moins faciles d'accès selon l'endroit où vous vivez - tout près de chez vous ou à une heure de route...), mais je conseille de s'entraîner régulièrement - stades, gymnases, ou dans la nature.

Si vous en avez la possibilité et que vous ne détestez pas absolument le sport, essayez de vous entraîner avec votre Cnedien de temps en temps ; sinon, vous pouvez l'accompagner et, par exemple, marcher pendant qu'il court, le chronométrer... Bref, le soutenir à votre façon.

Pour le bac, vous pouvez également étudier avec lui les barêmes pour établir un plan d'action en fonction de son niveau, pour "cartonner" ou "sauver les meubles".

  • L'inscription aux examens est à la charge des parents

Le Cned ne s'occupe pas d'inscrire ses élèves aux examens (brevet, ASSR, bac...). Leur documentation le rappelle et précise en général une date conseillée pour faire la démarche auprès de l'Académie de votre lieu de résidence.

L'élève reçoit une convocation environ 2 semaines avant l'examen, en général l'épreuve a lieu dans le centre d'examen le plus proche du domicile.

Récupérer les notes et le diplôme d'un Cnedien peut être un véritable parcours du combattant. Les administrations, peu accoutumées à gérer ce genre de situation (pourtant pas si rare...), cafouillent régulièrement. Il est parfois difficile de se faire comprendre, et de comprendre la logique appliquée (c'est un peu comme si la compagnie aérienne envoyait vos bagages à Tombouctou, à Pétaouchnok et à Trifouillis-les-Oies: parfois, les notes atterrissent dans un autre établissement que le centre d'examen, sans explication logique...). Bref, il faut du temps et de la motivation, et ne jamais douter de son bon droit...

 


Mon enfant veut que je l'inscrive au Cned... Que faire?

 

Voici quelques pistes pour mieux cerner cette envie et donc, pouvoir mieux y répondre.

  • Etudier ses motivations

Prenez le temps d'en discuter avec lui: que sait-il exactement du Cned? Comment en a-t-il entendu parler? Pourquoi pense-t-il que ce serait mieux pour lui?

D'après mon expérience, voici les principales raisons d'une inscription au Cned, si l'on excepte des cas particuliers comme la pratique de la musique ou du sport à haut niveau et la maladie:

* Il s'ennuie à l'école => il faut alors déterminer si c'est parce que les cours n'avancent pas assez vite, ne sont pas assez vivants (dans ce cas, le Cned peut fonctionner) ou s'il n'a aucun intérêt pour les matières scolaires (alors il risque de s'ennuyer tout autant au Cned, et il vaut peut-être mieux envisager d'autres orientations, selon ce qui l'intéresse vraiment).

* Il se sent mal à l'école => il y a les cas de phobie scolaire (et le Cned ne peut alors être une solution que si une thérapie le complète), mais aussi des problèmes avec les autres élèves/les professeurs ou simplement l'impression de ne pas être à sa place (il faut alors savoir si l'enfant veut fuir, ce qui est dangereux, ou simplement s'éloigner d'une mauvaise ambiance qui l'empêche de travailler efficacement, ce qui n'a rien de néfaste en soi).

* Problèmes de concentration, qui peuvent trouver leur origine dans l'une des deux raisons ci-dessus, ou avoir une source plus profonde => je pense qu'il faut en premier lieu faire des tests avec un spécialiste comme un ergothérapeute ou un orthophoniste, par exemple (selon le problème précis). S'il n'y a rien de grave, le Cned peut être une solution ; dans le cas contraire, il faut avant tout rectifier le problème (éventuellement tout en suivant les cours du Cned).

* Il se fait une fausse idée du Cned: "je n'aurai pas besoin de travailler", etc, dans le registre "je n'aime pas l'école".

* Des problèmes plus logistiques, comme un long trajet dans les transports en commun ou des horaires éprouvants => rarement une raison se suffisant à elle-même, mais en complément d'une autre, cela a du sens.

Il est en fait très rare qu'une seule de ces raisons soit à l'origine de la demande d'inscription au Cned. Le plus souvent, plusieurs problèmes s'ajoutent.

A vous de juger si les raisons invoquées sont suffisantes, mais l'essentiel est selon moi de voir comment l'enfant les exprime, si sa réflexion semble organisée, pesée. Il peut vous en parler "juste comme ça", sur une impulsion, ou après avoir ressassé l'idée pendant des mois... et votre réaction doit s'adapter.

  • Le renseigner sur le Cned

Il s'agit de lui faire savoir dans quoi il met les pieds, et de vérifier si son envie résiste à la description du quotidien. L'idée de ne pas aller à l'école peut sembler très glamour, aussi faut-il briser cette image en expliquant qu'il faudra quand même se lever le matin et se mettre au travail, sans copains pour rigoler ni professeur pour expliquer, qu'il y aura quand même des leçons à apprendre et des exercices à faires, des contrôles et des bulletins de notes.

  • Questionner ses intentions à long terme

C'est un sujet que la plupart des jeunes n'aborderont pas immédiatement quand ils parlent d'une inscription au Cned, et il me semble important de vérifier ce que votre peut-être-futur-Cnedien a derrière les idées:

Au moment où il vous en parle, envisage-t-il de commencer les cours du Cned au début de l'année scolaire suivante, ou dès que possible? (je conseille fortement la première alternative, sauf cas de force majeure)

Voudrait-il suivre une année au Cned? Y rester jusqu'au brevet, jusqu'au bac?

Et après le bac, a-t-il déjà une idée? Même s'il ne sait pas exactement ce qu'il fera, envisage-t-il ses études par correspondance ou pas?

  • Eventuellement en parler avec ses professeurs

C'est assez délicat car beaucoup de professeurs ont un préjugé sur le Cned et sont très mal informés là-dessus. La plupart désapprouvent un départ au Cned, ou au mieux ne le comprennent pas, et certains tentent de dissuader l'élève et/ou ses parents.

Mais si au sein de l'équipe éducative de l'établissement, un professeur en particulier vous semble avoir l'esprit ouvert et bien connaître votre enfant, vous pouvez tenter de lui en parler (en demandant le secret, puisque l'enfant pourrait se sentir harcelé si les autres professeurs s'en mêlaient...) et voir quelles remarques il fait sur le comportement de votre enfant.

Sinon, vous pouvez toujours demander à un professeur ce qu'il pense de l'attitude de votre enfant en classe, de son intégration au groupe, de sa participation au cours, etc, sans mentionner le Cned. Vous aurez certainement des réponses un peu cliché (contrairement à ce que beaucoup de profs supposent, un enfant discret qui ne participe pas à l'oral n'est pas forcément timide ou introverti, et ni la timidité, ni l'introversion ne sont des tares...), mais qui pourraient vous aider à remplir certains blancs.

  • Quelle que soit la décision finale, l'expliquer

Si vous refusez l'inscription au Cned, expliquez que vous estimez que cela ne lui serait pas bénéfique et que ce n'est en aucun cas un manque de confiance de votre part. Evitez de laisser entendre que "peut-être plus tard..." si vous êtes complètement opposé à cette possibilité, car cela vous reviendrait dessus comme un boomerang...

Et si vous acceptez, il faudra aussi expliquer clairement quels sont pour vous les objectifs de ce changement de scolarité, et quelles en sont les conditions. Ne menacez pas d'un "retour au lycée/collège..." à tout bout de champ, mais dites bien clairement que ce retour est envisageable 1) si le Cned ne lui convient finalement pas, et 2) s'il fait n'importe quoi.

Et si c'est moi qui envisage d'inscrire mon enfant au Cned?

Peut-être est-ce vous qui avez eu l'idée d'une inscription au Cned. Dans ce cas:

  • Questionnez vos propres motivations

Faites le même travail que ci-dessus, avec vos motivations. Essayez de les évaluer objectivement, et éventuellement, demandez à une tierce personne de les commenter. Jouez l'avocat du diable et tentez de trouver les arguments contraires.

La question principale, selon moi, est: est-ce pour moi ou pour mon enfant?

C'est cornélien, j'en ai conscience, et moi-même ne sais pas si je serai capable de prendre la bonne décision quand j'aurai des enfants, mais je crois qu'il faut essayer d'oublier sa propre histoire pour déterminer ce que l'enfant peut tirer de l'école, d'un côté, et du Cned, de l'autre.

  • Abordez le sujet avec votre enfant

Pas la peine d'y penser bien longtemps si votre enfant se déclare parfaitement épanoui dans le système scolaire...

Sinon, discutez ensemble de ce qui l'y gêne le plus.

  • Vous renseigner sur le Cned

Et plus particulièrement, réalisez quelles conséquences ce choix aurait, non seulement sur votre enfant, mais aussi sur votre vie.

D'abord, le temps qu'il faudrait lui consacrer (si l'enfant a moins de 12-13 ans, il lui faudra un "prof" à temps quasi plein, soit vous, soit votre conjoint, ou les deux à tour de rôle, ou une tierce personne qu'il faudra alors payer... ; et même s'il est plus âgé, il faudra surveiller l'avancée de son travail et avoir un peu de temps disponible pour l'aider, répondre à ses questions...).

Et puis l'influence sur votre moral, le stress. L'inquiétude qu'il ne travaille pas, qu'il ne réussisse pas ; de ne pas avoir fait le bon choix ; d'être seul aux commandes et de n'avoir personne à blâmer - professeurs etc.

Enfin, les démarches administratives, à l'inscription mais aussi pour l'inscrire aux examens.


Voilà! N'hésitez pas à me faire part de vos remarques, commentaires, idées, témoignages...